Pendant des millénaires, les agriculteurs ont utilisé des blés dont le génome était libre et vivant. La plante mère était capable chaque année de donner à ses enfants (les grains) tout ce dont ils auraient besoin pour perdurer en fonction du climat et du terroir dans lesquels ils vivaient.
L'agriculteur, pour sa part, opérait à une sélection de la semence selon ses propres critères : grains restés accrochés à la tige lors des premières sélections, grains blancs, grains foncés, gros, petits, etc par la suite. Cette sélection se faisait parmi les grains issus de la récolte. Personne n'achetait de semences sauf en cas de perte totale due aux intempéries ou aux ravageurs.
Chaque région, chaque vallée avait son blé, sa "population" à laquelle on avait donné un nom : le Rouge de Bordeaux, la Touselle de Nîmes, le Blanc des Flandres...
Depuis une trentaine d'années, des agriculteurs ont créé de nouveaux mélanges de blés à partir de ces populations existantes. Ces nouvelles populations vont évoluer petit à petit :
- La première année : Certaines variétés réussissent mieux que d'autres selon la météo et le terroir qui leur convient plus ou moins.
- Au fil des ans : Même si le blé est autogame (organes mâle et femelle dans la même fleur), les blés se croisent naturellement entre eux grâce à quelques fécondations croisées accidentelles.
- Le résultat : En quelques dizaines d'années, le mélange s'homogénéise et s'adapte spécifiquement au terroir dans lequel il pousse. Ainsi si une population de Cucugnan est semée en Bretagne, les formidables capacités d'adaptation du blé lui permettront de devenir une nouvelle population du Pays breton.
Seule une semence libre et vivante est capable de cette évolution.