Seigle gris des Pyrénées

Secale cereale (Seigle cultivé)

On trouve les premières mentions de seigle cultivé en Europe occidentale avec Pline l’Ancien. Les connaissances actuelles déterminent les anciennes espèces de seigle sauvage comme des mauvaises herbes qui poussaient aux abords des champs de céréales et qui ont migré en même temps qu'elles.

C'est en migrant vers le nord et l'ouest de l'Europe que l'histoire bascule. Le blé adore la chaleur et les sols riches du Sud. Mais à mesure que l'agriculture monte vers des climats plus froids, humides et des sols pauvres (Europe centrale, Allemagne, pays nordiques) :

  • Le blé commence à dépérir et à donner de mauvais rendements,
  • Le seigle, lui, s'épanouit totalement grâce à sa rusticité incroyable.

C'est ce qu'on appelle un phénomène de "domestication secondaire" : l'Homme n'a pas choisi délibérément de domestiquer le seigle au départ, c'est le seigle qui s'est imposé par sa résistance là où le blé échouait.

Le Seigle gris des Pyrénées (parfois simplement appelé Seigle ancien des Pyrénées) est une variété de pays (landrace) extrêmement rustique, façonnée par les siècles et l'altitude, qui fait aujourd'hui le bonheur des paysans-boulangers de la région (notamment en Occitanie et dans les Pyrénées-Orientales).

Seigle gris des Pyrénées

Ploïdie

Plantes diploïdes

Origine historique

Historiquement, le seigle était la céréale reine des zones accidentées d'altitude en France (les Pyrénées, mais aussi le Massif central). Là où le blé moderne refuse de pousser à cause du froid et des sols acides, le seigle s'épanouit.

Le Seigle gris des Pyrénées a été sélectionné empiriquement par des générations de montagnards pour s'adapter aux rudes conditions des massifs pyrénéens. Délaissé au XXe siècle au profit de farines de blé blanc importées, il a été sauvegardé par des passionnés de la biodiversité cultivée et des meuniers artisanaux, redonnant vie à cette céréale sur les contreforts pyrénéens.

Le seigle en tant qu'espèce est arrivé en Europe de l'Ouest à l'époque romaine, mais c'est véritablement au Moyen Âge qu'il devient la céréale reine des montagnes pyrénéennes.
Durant cette période de pression démographique, les paysans ont dû cultiver les zones accidentées de haute altitude. Ne sélectionnant d'année en année que les grains qui survivaient aux hivers glaciaires et aux sols acides des montagnes, ils ont lentement façonné, sur plusieurs siècles, la population locale que l'on nomme aujourd'hui le « seigle gris ».

On peut donc dire que son origine physique remonte à plus de 1 000 ans d'histoire paysanne, tandis que son statut de variété patrimoniale préservée date d'une quarantaine d'années.

Phénotype

  • Une paille vertigineuse : C'est une constante chez les variétés anciennes. Le seigle gris des Pyrénées développe des tiges très fines mais immenses, pouvant mesurer entre 1m70 voire 2m20 ! Cette paille haute était autrefois très recherchée pour le paillage des toitures ou le remballage des chaises.
  • Un épi gris-bleuté, toujours barbu : L'épi est long, souple et courbé (il oscille et penche sous son propre poids à maturité). Il porte des barbes très fines, droites et régulières. Avant de mûrir, le champ présente de magnifiques reflets vert-bleuté ou "grisâtres".
  • Le grain "gris" et allongé : Contrairement au grain de blé qui est rebondi, le grain de seigle est long, fin, pointu à une extrémité. Sa couleur est typique : elle oscille entre le vert-grisâtre, le brun et le jaune terne, ce qui donne son nom à la variété. C'est un grain "nu" qui se détache facilement de sa balle au battage.

Agronomie

Le Seigle est une céréale rustique qui tolère les sols pauvres et acides ainsi que les climats rudes de montagne. Notre Seigle gris des Pyrénées trouve ses racines en Cerdagne dans les Pyrénées-Orientales.

  • Le roi de l'étouffement (Compétition) : Grâce à sa hauteur immense et à un système racinaire fasciculé ultra-développé, ce seigle a tendance à etouffer les autres herbes qui peuvent le concurrencer. Il ne laisse peu de chance aux autres graminées sauvages, ce qui en fait un nettoyant de sol naturel exceptionnel en agriculture bio.
  • Associations agroécologiques bénéfiques (mutualisme) : De par son grand tuteur, il accepte cependant volontiers l'accompagnement de légumineuses grimpantes comme la vesce de Cerdagne. Cette dernière lui est bénéfique par sa capacité à s'associer avec des bactéries fixatrices d'azote.
  • Résistance absolue au gel : Il possède une tolérance au froid supérieure à celle du blé. Il est semé tôt en automne, commence à lever, passe l'hiver sous la neige des Pyrénées sans broncher et repart de plus belle au printemps.
  • Allogame et sensible à l'ergot : Contrairement aux blés qui sont autogames (ils s'autofécondent), le seigle pratique la fécondation croisée (allogame). Ses fleurs restent ouvertes plus longtemps pour attraper le pollen transporté par le vent. C'est un trait phénotypique qui le rend historiquement sensible à l'ergot de seigle (un champignon) en cas de printemps très humide, ce qui demande une attention particulière lors du tri des grains.

Seigle gris des Pyrénées

Quelques produits issus de cette variété

Voir tout