Epeautre rouge du Tyrol

Triticum spelta (Epeautre)

Période d'apparition

Néolithique (-7.000 avant JC)

Le Grand Épeautre est une céréale ancienne cultivée depuis le Néolithique à travers l’Europe. Fortement répandue du Nord à l’Est de la Gaule à l’époque romaine, il constituait autrefois la base du régime alimentaire des populations latines. Domestiqué plus tardivement que l’Amidonnier et l’Engrain et très prisé pour sa robustesse, il a été largement cultivé avant d’être progressivement remplacé au Moyen-âge par les cultures de seigle et de blé tendre.

Redécouvert pour ses qualités nutritionnelles et gustatives, la culture du Grand Épeautre, a cependant persisté dans certaines régions de France, de Belgique ou du Sud de l’Italie, dans le respect des traditions et des sols. Non hybridée, c’est-à-dire, non issue de croisements avec du blé moderne, cette variété se distingue par ses grains de grande taille, sa haute teneur en protéines et en magnésium, sa qualité de mouture et son adaptation aux cultures biologiques.

L'"Epeautre rouge du Tyrol" est ce qu'on appelle une variété de pays (ou landrace), c'est-à-dire une population de blé qui s'est adaptée naturellement au fil des siècles aux spécificités climatiques, géologiques et ethnologiques des vallées du Tyrol (région montagneuse partagée entre l'Autriche et le nord de l'Italie).

Epeautre rouge du Tyrol

Ploïdie

Blés hexaploïdes

Origine historique

Le grand épeautre en tant qu'espèce est né au Proche-Orient (en Asie du Sud-Ouest). Il est issu d'une hybridation naturelle complexe entre un blé sauvage et un blé cultivé.

  • L'épeautre a migré vers l'Europe centrale et l'Europe de l'Est dès l'Âge du Bronze et le Néolithique (il y a environ 4 000 à 5 000 ans).
  • Il a trouvé dans l'arc alpin (Suisse, Ouest de l'Autriche, Sud de l'Allemagne) son terroir de prédilection, car il était le seul blé capable de résister aux hivers rigoureux et à l'altitude.

L'Epeautre du Tyrol – souvent retrouvé sous le nom de sa variété de terroir emblématique le « Tyrolien Rouge » (Roter Tiroler ou Tyrolien rouge de Steiner) – est l’une des rares variétés anciennes d'Epeautre (Triticum spelta) n'ayant jamais subi de croisement moderne avec le blé tendre.

Phénotype

  • Un épi allongé et lâche : Son épi est long, fin et lâche, avec des épillets espacés le long de l'axe. Et à maturité, l'épi a tendance à pencher légèrement.
  • Non barbu : Contrairement aux autres variétés ancestrales (comme l'Engrain ou le Khorasan), l'épi de l'Epeautre du Tyrol est généralement sans barbes (ou porte des arêtes extrêmement courtes).
  • Teinte rougeâtre : Comme son nom l'indique, l'épi et ses enveloppes prennent une teinte caractéristique cuivrée, rousse ou brun-rougeâtre à maturité.
  • Une paille géante : C'est une plante exceptionnellement haute, mesurant entre 1m50 et 1m70. Les tiges sont fines, longues et creuses, avec une forte capacité de tallage (production de nombreuses tiges par grain semé).
  • Un grain vêtu : Comme chez l'Engrain, les grains d'Epeautre sont solidement enfermés dans une balle (glumes et glumelles) très rigide et coriace et nécessitent obligatoirement un décorticage avant de pouvoir être moulu. Le grain nu est de forme allongée, avec un sillon longitudinal bien marqué.

Agronomie

  • Bonne résistance à la verse : Même s'il peut venir relativement haut (1m40), sa paille est très robuste et le maintient debout.
  • Adaptation au climat alpin mais pas que (grande plasticité écologique) : Il est génétiquement programmé pour résister aux hivers très rigoureux, aux climats froids, rudes et humides, ainsi qu'aux sols pauvres de montagne (altitude). Il s'adapte également dans les régions du Sud-ouest de la France où il résiste particulièrement aux étés caniculaires précoces.
  • Résistance naturelle aux maladies : La dureté de sa balle (grain "vêtu") lui sert de bouclier naturel contre les attaques d'insectes, l'humidité et les champignons (comme la fusariose).

Comme la plupart des blés anciens vêtus, cette variété a presque totalement disparu au cours du XXe siècle, remplacée par des blés industriels à plus haut rendement et plus faciles à battre.

Elle a été sauvée in extremis grâce à des banques de semences alpines et à des universités agronomiques allemandes et autrichiennes (comme celle de Hohenheim), qui ont conservé ces grains précieux. Aujourd'hui, il vit une véritable renaissance auprès des paysans boulangers de montagne et de la filière biologique pour ses vertus nutritionnelles et sa pureté génétique.

Epeautre rouge du Tyrol

Quelques produits issus de cette variété

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