Blé de Khorasan

Triticum turanicum

Période d'apparition

Néolithique (-8.000 avant JC)

Ancienne variété cultivée depuis plus de 5000 ans dans le Croissant Fertile, de l'Égypte aux vallées du Tigre et de l'Euphrate, en passant par la Palestine, cette espèce serait le fruit d'un travail de sélection réalisé au temps de la civilisation Perse et devrait son nom à son origine historique de la région montagneuse du Khorasan, au nord-est de l’Iran.

Elle est aujourd’hui cultivée principalement dans le Saskatchewan au Canada par la maison “Kamut®” qui en assure sa production suivant un cahier des charges vraisemblablement le plus poussé au monde, pour obtenir un blé aux qualités maximales. De plus, ce cahier des charges s'accompagne d'une rémunération très appréciée des agriculteurs, favorisant les meilleures pratiques agricoles durables et respectueuses de l'environnement.

Outre son gluten à faible ténacité, ce blé dur est une source importante de protéines et a une richesse exceptionnelle en sélénium.

Blé de Khorasan

Ploïdie

Blés tétraploïdes

Origine historique

On situe généralement son berceau historique dans le Croissant fertile, une région du Moyen-Orient s'étendant de l'Égypte jusqu'à la Mésopotamie. Son nom fait explicitement référence à la région historique du Khorasan, située au nord-est de l'Iran et s'étendant sur l'Afghanistan et le Turkménistan, où sa culture était très répandue. Il est parfois surnommé familièrement « dent de chameau » en Turquie ou « blé du Prophète ».

On situe généralement la domestication et l'apparition des ancêtres du blé de Khorasan (les blés tétraploïdes) à une période comprise entre 8 500 et 5 000 ans avant J.-C. (soit il y a environ 7 000 à 10 000 ans)

  • La domestication initiale : C'est au cours du Néolithique, vers 8 000 av. J.-C., que les chasseurs-cueilleurs du Croissant fertile (notamment dans la région du Levant et le sud de l'actuelle Turquie) ont commencé à domestiquer l'amidonnier sauvage, le grand-père génétique du blé de Khorasan.
  • L'émergence de la variété : L'histoire agronomique estime que la sous-espèce spécifique du Khorasan (Triticum turgidum subsp. turanicum) s'est stabilisée et a commencé à être cultivée à grande échelle il y a environ 4 000 à 5 000 ans (vers 3 000 av. J.-C.), voyageant ensuite le long des routes commerciales vers l'Égypte et l'Iran (la région historique du Khorasan).

Phénotype

  • Un grain géant : C’est son trait phénotypique le plus frappant. Le grain est deux à trois fois plus gros et plus long que celui d'un blé tendre. Il a une forme allongée, légèrement courbe, bosselée et une couleur ambrée, dorée et vitreuse (translucide).
  • Une plante de grande taille : La tige (le chaume) est très haute, atteignant facilement 1m30 à 1m50. C'est un phénotype typique des variétés anciennes, non nanifiées par la sélection moderne.
  • Un épi barbu : L'épi est grand, lâche, et porte de très longues barbes noires ou brun foncé, ce qui lui donne un aspect sauvage et graphique.

Agronomie

  • Sensibilité à la verse : En raison de sa grande taille et de sa tige fine comparé à son épis large et lourd, la plante peut "verser" (se coucher au sol) sous l'effet de vent violent ou de fortes pluies juste avant la récolte.
  • Rusticité et tolérance à la sécheresse : Il possède un système racinaire capable de valoriser les sols pauvres et montre une excellente tolérance au froid et au stress hydrique (sécheresse), ce qui explique pourquoi il s'épanouit dans les climats semi-arides comme le Montana ou les plaines canadiennes du Saskatchewan.
  • Rendement moyen : Du point de vue de son rendement, le Khorasan aura un rendement faible à moyen entre 10 et 15 quintaux par hectare.

Blé de Khorasan

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