La Pétanielle noire de Nice (parfois appelée Blé Poulard noir de Nice) est une variété patrimoniale d'une grande singularité.
Les blés de type "Pétanielle" trouvent leurs racines lointaines en Orient. Ils ont été très largement cultivés et sélectionnés en Italie pendant des siècles avant de traverser les Alpes. Le mot même de Pétanielle dérive de termes régionaux désignant de "gros blés".
Introduite dans le Sud de la France, cette lignée s'est particulièrement bien adaptée au terroir aride, chaud et caillouteux du Comté de Nice, de la Provence et du Bas-Languedoc. C'est là que la population locale de la "Pétanielle noire de Nice" s'est stabilisée au fil des générations de sélection paysanne, acquérant ses traits phénotypiques d'une grande beauté.
Au XIXe siècle, la Pétanielle noire de Nice a connu un fort engouement. Sa farine, moins blanche que celle du froment, était boudée pour le pain de table de l'aristocratie, mais elle était très recherchée pour la fabrication des pâtes alimentaires et des gruaux, car le grain, très riche en amidon, doublait de volume à la cuisson et rivalisait avec les productions de pâtes italiennes. Elle a même été testée avec succès dans les environs de Paris pour sa productivité.
Comme la quasi-totalité des blés poulards, la Pétanielle noire de Nice a été totalement balayée au XXe siècle par l'agriculture intensive. Ses tiges trop hautes et ses grains particulièrement lourds n'entraient pas dans les standards des moissonneuses-batteuses ni dans ceux de la panification industrielle.
Sa renaissance est intimement liée à l'histoire des semences paysannes en France :
- Elle a d'abord été conservée sous forme de quelques graines dans des banques de gènes et des jardins conservatoires.
- L'engouement autour de cette variété a été tel qu'une association de préservation de la biodiversité cultivée, créée dans le Sud de la France, a choisi de se baptiser directement du nom de cette céréale : l'Association Pétanielle.
- Multipliée grain par grain par des paysans-boulangers passionnés au début des années 2000, elle fait aujourd'hui l'objet d'une production confidentielle mais très prisée pour des pains au levain d'exception (notamment remis au goût du jour par Les Maîtres de mon Moulin à Cucugnan) et des pâtes artisanales.